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Les marées noires

Le terme « marée noire » désigne la pollution massive de l’océan et des zones côtières par des déversements volontaires ou accidentels d’hydrocarbures. Il est pour la première fois utilisé en mars 1967 par un journaliste du quotidien breton Le Télégramme de Brest, lors du naufrage du Torrey Canyon au large des îles Sorlingues dans les Cornouailles. L’année 1967 marque la première marée noire de l’histoire.


En l’espace d’un demi-siècle la quantité d’hydrocarbure transportée par voie maritime a été multipliée par dix et de nos jours la consommation de pétrole dans le monde s’élève à 179.000 litres par seconde

Les causes à l’origine d’un tel incident résultent soit d’un dégazage c’est-à-dire un rejet volontaire d’hydrocarbure d’un navire, soit d’un rejet involontaire dû à un accident, soit d’un accident sur une plateforme pétrolière, soit d’un accident industriel en bord de mer.

Les conséquences d’une marée noire sont à la fois environnementales, économiques et sanitaires. En effet, les substances déversées sont néfastes pour l’écosystème, entraînant des dégradations du biotope (asphyxie du milieu de vie) ainsi que des perturbations de l’ensemble des êtres vivants. Par ailleurs, au niveau économique, les activités de pêches et tourisme cessent pendant le nettoyage et la décontamination des zones, sans parler du coût qu’engendrent de telles procédures. Enfin, les conséquences sanitaires ne sont pas des moindres puisque les produits hydrocarbures sont dangereux si un être vivant est en contact avec par la peau, l’inhalation ou l’ingestion.

Retour sur les pires marées noires qui ont frappé la France :

Tout commence en mars 1967, lorsque le Torrey Canyon fait naufrage dans la Manche et déverse pas moins de 120 000 tonnes de pétrole dans la mer, souillant les côtes de Cornouailles. Après plusieurs semaines, l’effet de marée combiné au vent et au courant ramène les produits lourds jusqu’aux côtes bretonnes. Confrontées pour la première fois à ce genre de catastrophe, les autorités anglaises et françaises gèrent mal la situation en utilisant des produits hautement toxiques pour se débarrasser du pétrole.

Un peu plus de dix ans plus tard, en 1978 le chargement d’hydrocarbure de l’Amoco Cadiz pollue près de 360 km de littoral français dans la région du Finistère et ce, pendant plusieurs semaines. Connu pour être responsable de la pire marée noire en Europe, l’armateur de l’Amoco Cadiz écope, 14 ans plus tard, d’une amende de 35 millions d’euros à verser aux communes bretonnes et 160 millions à l’Etat français. Cette marée noire a en effet pour malheureuses conséquences la mort de 19 à 37 mille oiseaux ainsi que l’arrêt de l’activité de pêche et de conchyliculture (élevage de coquillage tels que les huitres, moules, palourdes…).

En décembre 1999 une nouvelle catastrophe survient. Deux tiers des 31 000 tonnes de fioul transporté par l’Erika se déversent dans l’océan Atlantique polluant 400 km de littoral allant du Finistère à la Charente-Maritime. Les animaux en contact avec la substance, notamment les oiseaux, se retrouvent mazoutés.

Enfin, en novembre 2002, le Prestige sombre dans l’Atlantique à la suite d’une avarie de coque. C’est alors que près de 55 000 tonnes de fioul se déversent dans l’océan Atlantique, polluant non seulement les côtes françaises, mais aussi les côtes espagnoles et portugaises.

Quelles mesures sont prises pour faire face à ces situations ?

En premier lieu, deux ans après le naufrage du Torrey Canyon, une convention internationale est signée concernant la responsabilité civile en cas de dommages par pollution pétrolière. En 1978, au niveau national, la France décide de modifier les routes maritimes au large de la Bretagne, éloignant ainsi les navires à pleine charge des côtes. Par ailleurs, est crée le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE), établissement de conseil et d’expertise en termes de préparation à la lutte contre les pollutions accidentelles.

En ce qui concerne les mesures préventives, certaines législations nationales mettent en place un système d’amende en cas de pollution par hydrocarbure ou bien des contrôles par des sociétés de classification et impose des doubles coques aux navires. Enfin sont récompensés par une baisse des taxes portuaires dans certains ports (Rotterdam et autres en Europe) les navires ayant le label Green Award.

Mais comment « nettoyer » une marée noire ?

Concrètement, lorsqu’une marée noire survient, sont utilisés des barrages flottants et des dispersants liquides afin de limiter et réduire l’étendue de pétrole. Des moyens humains plus simple de ramassage sont aussi utilisés, tel que des pelles, pelleteuses et seaux.

En l’espace d’un demi-siècle la quantité d’hydrocarbure transportée par voie maritime a été multipliée par dix et de nos jours la consommation de pétrole dans le monde s’élève à 179.000 litres par seconde. Au vu de ces chiffres il est nécessaire de mettre en place des mesures permettant de réduire les risques, de renforcer les moyens de surveillance et de répression. Lorsqu'une marée noire survient, comme ça été le cas récemment sur le littoral de l’île Maurice en Août 2020, les questions de l’urgence de la protection de l’environnement, de la lutte contre la pollution et l’utilisation d’énergies renouvelables prennent tout leur sens.

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